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21.12.2006

François Hollande et les relents de programme commun...

medium_Hollance.jpgJe souhaite revenir sur l’interview accordée par François Hollande au journal Le Monde. J’ai déjà écrit ici ma consternation devant son refus de l’accession sociale à la propriété. Le PS privent ainsi certains Français de leur seule chance de devenir propriétaire. C’est inacceptable et antisocial.

 

Il a également annoncé la suppression des baisses d’impôts accordées par les gouvernements de Jean-Pierre Raffarin et de Dominique De Villepin depuis 2002. Et voici de retour la gauche revancharde et marxisante, bien loin derrière l’image que veut donner à sa campagne Marie-Ségolène Royal... Celle-ci s’est d’ailleurs empressée de supprimer deux conférences de presse, qu’elle devait donner dans la journée, pour ne pas avoir à s’expliquer sur les déclarations de son « camarade - compagnon»... C’est à la fois la preuve de son manque de courage politique et de l’inconsistance de son programme présidentiel.

 

Mais revenons sur le fond de cette interview.

 

1.      Sur la politique fiscale en général

 

 

La France a aujourd’hui l’un des taux de prélèvements obligatoires les plus élevés au monde et ses entreprises sont les plus taxées de tout le monde développé. Ceci ne semble pas effrayer le parti socialiste, qui annonce dans son programme une augmentation des prélèvements obligatoires de 18 milliards d’euros, soit 1 point de PIB, et, par la voix de son Premier secrétaire, une nouvelle contribution, la CSG-retraite, qui viendra s’ajouter aux prélèvements déjà annoncés.

 

 

La France n’a pas les moyens à l’heure actuelle de baisser les impôts. C’est pourquoi l’UMP, dans son programme, s’est engagée sur un calendrier précis : d’abord, dégager des marges de manœuvre budgétaire par une révision générale des politiques publiques, une réduction de la dette et du déficit et une augmentation de notre potentiel de croissance ; ensuite, baisser les impôts, avec une priorité en faveur de la baisse de la fiscalité sur les entreprises (alignement du taux de l’IS sur la moyenne de l’UE 15, suppression de l’IFA, réforme de la TP). Il est fort regrettable, qu’en 2000 et 2001, le PS n’ait pas agi avec le même sens des responsabilités. Alors que la croissance atteignait des niveaux très élevés, le PS a préféré utiliser la « cagnotte » pour acheter les électeurs avec des baisses d’impôts plutôt que de réduire la dette publique.

 

 

Mais la France n’a clairement pas non plus les moyens d’augmenter les impôts. C’est pourquoi l’UMP entend consolider les baisses intervenues depuis 2002 et entreprendre les réformes urgentes de notre fiscalité, en particulier la mise en œuvre de la fiscalité écologique, à taux de prélèvements obligatoires inchangé.

 

La politique fiscale de l’UMP se situe donc à l’opposé de celle du PS et de cette conception d’une France où l’ambition politique se mesure au montant de la hausse des impôts. Ce que nous proposons, c’est une France dans laquelle la fiscalité n’est plus l’ennemie du travail et du pouvoir d’achat (exonération des prélèvements fiscaux et sociaux sur les heures supplémentaires) ; n’est plus l’ennemie de la réussite (pas de remise en cause des baisses d’impôt engagées depuis 2002) ; n’est plus l’ennemie du mérite et de la liberté des familles (exonérations des droits de succession pour tous les patrimoines qui sont le fruit du travail de toute une vie) ; n’est plus l’ennemie de l’environnement (transfert de la fiscalité sur le travail vers la fiscalité écologique) ; n’est plus l’ennemie de l’avenir (renforcement du crédit d’impôt recherche).

 

On aurait également envie de demander à François Hollande où est passée cette idée, qui figurait dans le projet du PS, de la fusion et de la familialisation de la CSG/CRDS avec l’IR.

 

2.      Sur le bouclier fiscal et le bouclier logement

 

 

François Hollande n’ayant jamais été à un paradoxe prêt, il déclare à la fois que le bouclier fiscal institué par la droite n’est pas assez puissant puisqu’il ne dissuade pas Johnny Hallyday de quitter la France, et ne craint pas d’annoncer 18 milliards d’euros d’impôt en plus – soit, en ordre de grandeur, 1/3 du produit actuel de l’impôt sur le revenu, une mesure dont on ne doute pas qu’elle incitera ceux qui ont réussi à rester en France et permettra à la France de renouer avec une croissance forte !

 

 

Quant au bouclier logement, présenté par le PS comme la réponse au bouclier fiscal, François Hollande omet de préciser qu’il ne s’appliquera qu’aux personnes logées en HLM, c’est-à-dire une mesure profondément injuste pour les 5 millions de Français qui auraient le droit d’être logés dans un HLM, mais qui n’y ont pas accès faute de places suffisantes et faute de rotation des logements HLM, et qui subissent de plein fouet l’augmentation des loyers.

 

3.      Sur l’ISF 

 

Il serait souhaitable que M. Hollande comprenne la différence entre une résidence principale et un placement immobilier. Assujettir à l’ISF des contribuables en raison de l’augmentation de la valeur de leur résidence principale est une absurdité pour la bonne et simple raison qu’il s’agit d’un enrichissement virtuel.  Si un contribuable vend sa résidence principale, ce n’est pas pour habiter sous les ponts, mais pour acheter une autre résidence principale dont le prix aura lui aussi considérablement augmenté. Imposer un contribuable à l’ISF pour l’unique motif qu’il possède sa résidence principale, c’est donc le taxer sur une richesse qui n’existe pas.

 

4.      Sur la réforme des retraites

 

Les propositions de M. Hollande en matière de retraites sont fondées sur le mensonge, l’irresponsabilité et l’injustice. Le mensonge, parce que la réforme Fillon a réglé la question du financement des retraites et sauvé le régime par répartition (par comparaison, en cinq ans, la gauche s’est contentée de créer un fonds de réserve qui devait recevoir 160 milliards d’euros et n’en a reçu finalement que 25). L’irresponsabilité, parce qu’il est irresponsable de proposer, comme le fait le PS, l’abrogation de la loi Fillon et le retour à la traditionnelle solution consistant à tout régler par la hausse de la fiscalité (CSG-retraite). L’injustice, parce qu’il est injuste de ne pas réformer les régimes spéciaux de retraite.

 

Ce dont notre pays a besoin, c’est de travailler plus longtemps, de ne pas alourdir les charges pesant sur le travail et d’être juste, des solutions qui sont à l’opposé des propositions de François Hollande.

 

Pour améliorer la situation des régimes de retraite, M. Hollande propose également d’élever le taux d’emploi des seniors. Cela ne manque pas de piquant de la part du parti socialiste, le parti qui a été le plus gros consommateur des préretraites et qui a, ce faisant, le plus contribué à faire tomber le taux d’emploi des seniors français à l’un des plus bas niveaux au monde et à stigmatiser les travailleurs âgés. L’UMP s’attaquera pour sa part au fond du problème, en supprimant tous les dispositifs de préretraite et de dispense de recherche d’emploi.

 

5.      Sur le pouvoir d’achat

 

Pour M. Hollande, le pouvoir d’achat et la fiscalité sont deux univers séparés. Il peut donc tranquillement annoncer, dans la même interview, une augmentation du pouvoir d’achat et une augmentation des prélèvements obligatoires de 18 milliards d’euros.

 

Passé cette contradiction, M. Hollande annonce que l’augmentation du pouvoir d’achat passera par une augmentation générale du Smic, porté à 1 500 euros en fin de législature, sans préciser s’il s’agit du Smic net ou du Smic brut. S’il s’agit du net, cela revient à faire de la France l’un des pays au monde comptant le plus grand nombre de personnes rémunérées au Smic. S’il s’agit du brut, M. Hollande vend comme une conquête de haute lutte un montant qui sera atteint en fin de législature par le rythme de progression actuel.

 

Quant à dire que les exonérations de charges sociales n’ont eu aucune contrepartie en termes d’emplois, c’est à la fois un mensonge et une tautologie. Les exonérations de charges sociales ont eu pour objet d’atténuer les conséquences désastreuses des 35 heures sur la compétitivité des entreprises françaises. Elles n’ont pas eu de contreparties en termes d’emplois parce qu’elles ne pouvaient pas en avoir, étant entièrement destinées à colmater les dégâts d’une politique économique qui a consisté à saborder nous-mêmes notre potentiel de croissance.

 

L’UMP inscrit le pouvoir d’achat au cœur de son projet économique et social. Mais il ne l’associe pas à des promesses au mieux intenables, au pire dangereuses. L’exonération de prélèvements sur les heures supplémentaires créera un choc immédiat en faveur du pouvoir d’achat et redonnera la liberté dont ont été privés les salariés de travailler plus pour gagner plus. Pour un salarié rémunéré au Smic, cela représentera 15% de salaire net en plus. Mais l’UMP souhaite également faire de l’augmentation du pouvoir d’achat une tendance de fond de l’économie française dans les années qui viennent. C’est cet objectif que permettront notamment d’atteindre la priorité donnée dans notre programme à l’amélioration de la compétitivité des entreprises, à la simplification de leur environnement réglementaire et fiscal, à la recherche et à l’enseignement supérieur.

 

 

6.      Sur le droit du travail

 

Alors qu’on lui demande ce qu’il propose aux entreprises qui dénoncent l’insécurité juridique du droit du licenciement, M. Hollande répond par une augmentation « significative » des indemnités de licenciement. M. Hollande vit en fait, comme Marie-Ségolène Royal, dans un monde idéal, dans lequel on peut dans le même temps porter le Smic à 1 500 euros, remettre en cause les allègements de charges, créer de nouvelles taxes acquittées en partie par les entreprises (« CSG –retraite ») et durcir un peu plus le droit du travail.

 

On connaît d’avance le résultat de cet angélisme économique : la dégradation de la compétitivité des entreprises, l’augmentation du chômage, la faiblesse des créations d’emplois privés et la stagnation du pouvoir d’achat. L’argumentation de M. Hollande démontre en réalité à quel point il ignore tout du fonctionnement de l’économie, en particulier le fait que la grande majorité des emplois se situent dans des petites entreprises, qui se trouveront rapidement asphyxiées par une nouvelle augmentation des prélèvements sur le travail et une complexité accrue de leur environnement réglementaire, et l’importance pour la croissance du processus de « destruction créatrice », qui dépend de la capacité des entreprises à pouvoir embaucher aussi rapidement qu’elles licencient.

 

L’UMP est au contraire favorable à un meilleur équilibre sur le marché du travail, qui visera parallèlement à rendre l’activité plus simple pour les entreprises et à renforcer la protection des salariés. C’est la raison d’être du contrat unique, dont les droits progresseront en fonction de l’ancienneté des salariés. C’est également l’objectif de l’assurance « salaire et retour à l’emploi », qui garantira une indemnisation sécurisante aux chômeurs et un accompagnement immédiat dans leur recherche d’emploi.

 

Monsieur Hollande, permettez-moi deux conseils :

 

·        Mettez-vous d’accord avec Marie-Ségolène Royal avant de faire des déclarations.

 

·        Revoyez un peu vos idées : elles sentent le renfermé et ont comme des relents de programme commun de 1981... On sait ce qu’il a donné.

 

 

 

Commentaires

Le programme commun des socialistes, ah ah ah quel blague
un programme des années 80, pensé en 1970 avec des outils de 1960( un ancien ministre rouge).
Que les accros à Royal cherchent le pitoyable resultat d'un programme de gauche qui ne pouvait que se dissoudre dans l'Europe....la gauche, c'est de l'utopie.
JOYEUSES FETES DE NOEL

Ecrit par : jean | 23.12.2006

Oh Oh Oh la gauche c'est de l'utopie et ça sent les années 70.

Heureusement que la droite selon Sarkozy ça regarde vers l'avenir, avec des principes et des pratiques du temps de Pompidou.

Au fait, dans l'acception commune, utopie se rapporte à "une vue politique ou sociale qui ne tient pas compte de la réalité".

Je vous laisse juge de la confrontation de cette définition avec les promesses de Sarkozy, qui, découvrant le monde et sa misère, nous dit qu'il va en faire le village des schtroumpfs.

Mais bon, ne reprochons pas aux petits de croire au Père Noël.

C'est quand même plus grave quand ils se prennent pour lui... et ont l'ambition de gouverner.

Ecrit par : Fred | 23.12.2006

Sarkozy constitue un danger pour la France et ce qu'elle représente. Ceux qui boivent ses paroles et croient à ses promesses sont des naïfs ! Le réveil risque d'etre douloureux !
Ses discours sonnent et sont faux !
La soufrance des hommes et des femmes, il n'en a cure ! Il avait promis cet été de régulariser les familles dont les enfants étaient scolarisés ! Il n'a pas tenu sa promesse ! Depuis il a renvoyé dans leur pays de nombreuses familles qui vivaient en France depuis plusieures années et dont les enfants étaient scolarisés !
Ces familles ont été renvoyées manu militari comme si elles étaient de la racaille ! Ecoeurant !

Ecrit par : Othmane | 26.12.2006

Ah la France, unique dépositaire de toute la misère sociale...
célébre pour sa politique de gauche.
Tout le monde sur le même pied d'égalité, en gros tous pauvres, tous incultes.
Tu veux réussir, tu veux gagner de l'argent? pas bien.
On ne doit pas chercher à gagner, mais à ne pas trop perdre.
Même Mitterand, le pseudo président de gauche (juste pour avoir une chance de se faire élire) n'y croyait pas.
Mdame la prof de math, je kiffe pas , j'ai eu 4 et l'ote a eu 20..c'est pas normal.
oh mon pov cheri, euh 20+4= zut qui a une calculatrice? ou c'est qu'on divise par 2 sur cette machine?(normal, on peut pas faire grève et savoir compter, le temps manque)
Voila, maintenant, vous avez 12/20 tous les deux.
Alors heureux?

Ecrit par : jean | 27.12.2006

Bonjour à tous.

Je constate qu'il y a toujours cette petite gueguerre sur le blog, Merci monsieur le Député, pour ce petit moment de détente.

Monsieur Jean.
Le discours que vous avez n'est ni le discours de Mme Royal ni celui de Mr Sarkozy.
Vous avez raison, il faut croire en l'arrivée d'un troisième homme, et le retour aux sources.

En ce qui concerne Clamart, Mr le maire est très apprécié d'un grand nombre de Clamartois, puisqu'il travaille en artifice pour les habitants, tout en dilapidant le patrimoine de la ville. Quelle grande Naiveté de la part de ces gens qui attendent tout de leurs mairie, au nom de l'égalité. Mais on ne peut pas leurs en vouloir. Quand on vous donne quelque chose, il serait idiot de le refuser.

Liberté, Egalite, Fraternité.

Le premier mot est bien Liberté.
Une liberté que l'on interdit (à gauche comme à droite) au nom d'une éventuelle égalité (et surtout pour l'image et les voix des électeurs).

Le dernier n'a plus lieu d'être auourd'hui, car pas de signe religieux ( interdit le signe religieux), non aujourd'hui ce serait plustôt cousin que frère...

Et oui, dans les Trois Mots qui font de la France le plus beau pays du monde, il y a les trois valeurs que chaque individu vivant en France (Français ou pas) devrait respecter. Et si l'on regarde bien, les seuls à respecter ces valeurs, sont ceux qui ne passent pas à la télévision, ceux dont on entend jamais parler (Français ou pas).

Et il ne devrait même pas y avoir un seul policier à travailler le soir de Noël ni pour le 31. Mais sans doute leur patron préfère t-il faire travailler les autres plustôt que d'accomplir la tache pour laquelle il a été désigné, à savoir faire respecter l'ordre.

Messieurs, dames, en cette fin d'année, je vous souhaite un bon réveillon et deux très bonnes années électorales.

Bien à vous

Ecrit par : Vince | 28.12.2006

"L’UMP s’attaquera pour sa part au fond du problème, en supprimant tous les dispositifs de préretraite et de dispense de recherche d’emploi."

Très bien. Comme ça, si j'avais encore des hésitations, je sais au moins maintenant que l'UMP ne fera pas partie de mes choix possibles.

Ecrit par : Robert | 29.03.2007

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