24.09.2007

L’état de faillite, on peut en sortir

c822536d06d039c15ad30c080ecbfa2d.jpgLa classe politique s’envoie à la figure depuis quelques jours les propos du premier ministre François Fillon sur l’état de faillite de la France. Qu ’a-t-il dit exactement ?

Je suis à la tête d'un Etat qui est en situation de faillite sur le plan financier, je suis à la tête d'un Etat qui est depuis quinze ans en déficit chronique, je suis à la tête d'un Etat qui n'a jamais voté un budget en équilibre depuis vingt-cinq ans. Ça ne peut pas durer.»

Tout cela n’est-il pas entièrement vrai ?  Quelqu’un est-il en mesure de démontrer le contraire ? Non, bien sûr, tout le monde le sait et ce n’est pas en tirant à boulets rouges sur le médecin qui fait le diagnostic que l’on va s’en sortir. S’en sortir, oui, mais comment ? Nicolas Sarkozy mise sur un double effet : celui de la confiance retrouvée et dopée par des mesures fiscales (heures supplémentaires, droits de succession…) et celui lié à la réduction du train de vie de l’Etat et notamment la baisse du nombre de fonctionnaires. La rémunération des fonctionnaires représente 40% des charges du budget de l’Etat et le poids de leur retraites, avec l’arrivée à la soixantaine des enfants du baby-boom, est considérable.

Tous les autres pays européens ont réussi à réduire de façon importante la masse de leurs fonctionnaires. Pourquoi pas nous ? Bien sûr, le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ne doit pas être fait de façon uniforme : nous sommes en manque d’effectifs dans certains secteurs comme l’Hôpital ou la Justice. Mais il y a partout en France des niches considérables, des administrations qui doublonnent, des comités inutiles… Ces dernières années, les structures intercommunales ont vu leurs effectifs exploser, sans que les citoyens aient trouvé en face un service vraiment amélioré. Si l’on rapporte le nombre d’enseignants au nombre d’élèves en France, on arrive à un pour vingt, oui, j’ai bien dit un pour vingt ! Quand on sait que la moyenne d’élève par classe est plus proche de trente, on peut se demander où sont passés les profs ! Moins d’enseignants, mais mieux payés et mieux considérés, voilà une idée de Nicolas Sarkozy qui commence à faire son chemin.

Pour que la France revienne dans un cercle économique vertueux, il faut lever un certain nombre de tabous et il faudra certainement faire preuve d’une grande fermeté. Mais notre survie est à ce prix…